Lune: Éléments Géologiques

Salut,

Pour changer un peu du traitement d’image standard, je me suis lancé dans un traitement permettant de faire ressortir les couleurs des sols, caractéristiques de la présence de certains métaux suite à un tuto d’un membre d’un forum (easybob08 sur Webastro, pour ne pas le citer). Un grand merci à lui pour ses explications.

En comparaison des cartes officielles de l’USGS (U.S. Geological Survey), on arrive quand même à retrouver certains similitudes.

comparatif géo

Certains éléments de géologie ainsi que des éléments sur la chronologie des impacts (types et couleurs de certains recouvrements) apparaissent très clairement.

Grâce aux mesures stratigraphiques et surtout grâces à l’analyse des échantillons rapportés par les missions Apollo, nous savons aujourd’hui qu’elle fut exactement l’évolution géologique de la Lune dont voici la chronologie des événements qui s’y sont succédés depuis plus de 4 milliards d’années.
Notre satellite s’est formé il y a environ 4.55 milliards d’années, à la même époque que la Terre. Sa surface se
solidifia 300000 ans plus tard, formant une écorce stratifiée peu dense composée d’anorthosites (roche phanéritique intrusive et ignée, composée pour la plus grande partie de feldspath plagioclase (90-100 %), et d’une petite quantité (0-10 %) de composants mafiques tels que le pyroxène, l’ilménite, la magnétite, et l’olivine). Vers 4.3 milliards d’années, la croûte lunaire était à peine refroidie qu’un intense bombardement météoritique laissa des cicatrices importantes : ce sont les grands bassins d’Aitkin au Pôle Sud, Mare Australe (limbe sud-est), Mare Tranquilllitatis (sous l’oeil droit), Mare Fecunditatis, Mare Nubium, Mare Smythii et l’apparition des premiers cratères d’impacts tels que Deslandres, Schiller, Zucchius, Grimaldi ou Ptolémée. S’étendant sur plusieurs centaines de kilomètres, certains de ces cratères présentent un fond très étendu en partie comblé de lave et parfois associé à des anneaux concentriques extérieurs signes de la violence de l’impact. C’est à cette époque que nous assistons aux premiers signes d’une activité volcanique sur la Lune, activité qui cessa vers 3.8 milliards d’années.

temps géologique

Entre 3.92 et 3.85 milliards d’années nous assistons à la formation des derniers grands bassins de Mare Nectaris,
Mare Humboldtianum, Mare Humorum, Mare Crisium pour se terminer avec la formation de Mare Serenitatis, « l’oeil
droit » de la Lune.
C’est à cette époque que se formèrent les grands cirques de Longomontanus, Gauss, Clavius et Bailly. Un peu plus tard, vers 3.8 milliards d’années la Lune est a nouveau percutée de face et reçoit son « oeil gauche » qui deviendra Mare Imbrium. 5 à 600000 ans plus tard se forment Sinus Iridum et Mare Orientale. Un intense bombardement météoritique débuta alors qui vit la formation des cratères de Maupertuis, Pétavius, Cassini, Arzachel, Piccolomini, Platon, Archimède, Humboldt, Atlas et Sharp parmi d’autres ainsi que les premiers flots de lave importants.
Entre 3.9 et 3.1 milliards d’années, l’activité thermodynamique du manteau se propagea jusqu’à la surface lunaire, se mélangeant aux roches de surface. C’est parce que l’écorce de sa face visible est nettement moins épaisse que celle de sa face cachée (60 Km contre 100 Km) que de nombreuses régions ont été comblées par les flots de lave, atteignant par endroit 1500 m d’épaisseur, donnant ce visage si caractéristique à la Lune.
Par la suite, le bombardement météoritique a fortement décru et entre 3.2 et 1.1 milliards d’années d’ici nous assistons surtout à la formation d’Eratosthène et de Hausen. La région de Marius se soulève, son sol se fissure en donnant naissance à des dizaines de failles et de dômes tandis que les derniers flots de laves s’écoulent de Mare Imbrium.
Enfin, il y a 900 millions d’années Copernic apparu sur la Lune; Tycho se forma voici 250 millions d’années puis
finalement Aristarche. Les dernières coulées de laves émanèrent de Lichtenberg. Depuis un calme relatif règne sur
la Lune; de temps en temps mais c’est assez rare, on observe des éclats brillants signe de l’impact de quelques météorites sur la surface lunaire.
Aujourd’hui on constate que des flots de lave de 100 à 1500 m d’épaisseur ont comblé les cratères d’impacts et
les bassins pour former les mers de basaltes. Ceux-ci sont différents des basaltes terrestres. Ils contiennent moins
de sodium, de carbone et d’eau mais sont plus riches en titane, en fer et en éléments lourds.
Depuis 3 milliards d’années, l’activité lunaire s’est assoupie, le bombardement météoritique s’est fait plus rare et
le visage de la Lune ne s’est plus guère modifié. En un an et demi les sismographes ont enregistré 815 signaux d’impacts, dont les masses s’échelonnaient entre 50 g et 50 kg, auxquels il faut ajouter les milliers de micrométéorites qui criblent sa surface, pulvérisant le substrat en poussière.
Ce taux de changement à la surface de la Lune étant très variable au cours des âges, le visage de la Lune que
l’on observe aujourd’hui est en réalité celui d’un astre très âgé; à l’époque des dinosaures déjà, la Lune présentait un visage pratiquement identique à celui que nous observons aujourd’hui !
De nos jours, la régolithe s’accumule sur la Lune sous forme de poussière à raison de 2 m d’épaisseur chaque
milliard d’année. La Lune est solide sur les trois-quarts de son épaisseur. Les ondes sismiques sont interrompues et
se réfléchissent vers 1000 Km de profondeur; au-delà la matière est fluide. Sous l’écorce, le manteau est donc solide. Après une zone de transition de quelques dizaines de kilomètres nous arrivons au noyau, dont une partie portée à 1500°C est encore en fusion et se compose de fer. Il s’étend sur 700 km.
Enfin la surface de la Lune présente une variation prononcée du champ magnétique d’un endroit à l’autre, tant en
intensité qu’en direction. Des écarts d’un facteur 500 ont été relevés (6 à plus de 3000 gammas), alors que sur Terre le champ géomagnétique double localement (30000 à 60000 gammas). Des rochers présentent encore actuellement une aimantation très forte. Le manteau de la Lune étant pratiquement solide, le magnétisme actuel serait la trace d’une époque passée où le manteau lunaire était nettement plus fluide, induisant un champ magnétique bien plus intense.

lune-carte-geologique

légende

 

 

J’espère que cette petite remonté dans le temps vous a plu, moi en tout cas, j’ai trouvé un grand plaisir, d’une part à faire mes photos et traitements, mais aussi à faire ces recherches sur les origines de notre satellite.

Ma petite lune colorée, quand même:
Comme d’hab, cliquez pour la full!

20150802_Geologic_Moonet ci dessous la version monochrome avec laquelle j’ai travaillé. 20150802_Gibbeuse décroissante I

Merci d’être passé

@+
David

Info et source: Atlas Géologique de la Lune

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s